Un chef-d’œuvre en renaissance
Depuis plusieurs semaines, l’église de Saint-Julien-le-Pauvre est le théâtre discret mais passionnant d’un travail d’une grande précision. Sous les mains expertes de Madame Valérie THULEAU, restauratrice d’art, le relief en terre cuite polychrome de la Nativité (ou dite, Adoration des Berbers), situé dans le retable du chœur, retrouve peu à peu son éclat originel.
Durant les deux phases d’intervention, entre février puis en mars, les étapes se sont succédé avec minutie. Un temps fort a été le délicat collage de la jambe droite de l’Enfant Jésus, dont les surfaces d’origine, trop érodées, ont nécessité la pose d’un goujon en fibre de carbone, garantissant la solidité de l’ensemble. Avant cela, Madame THULEAU avait restitué la partie manquante du couffin, dont la reconstruction amovible, grâce à un astucieux film étirable, respecte les principes de réversibilité chers à la déontologie des restaurateurs.
Autour de la Sainte Famille, d’autres éléments ont également été consolidés ou restaurés : la flamme de la chandelle tenue par Joseph a été recréée, le petit chien couché recollé, et les lacunes de matière dans les drapés comblées avec soin. Un travail de nettoyage approfondi, jusqu’au scalpel, a permis de révéler les teintes d’origine sous les repeints altérés, tandis que la polychromie est désormais stabilisée au pinceau fin, infiltration après infiltration.
Les premières retouches colorées ont débuté fin mars, et donnent déjà un aperçu saisissant de l’œuvre dans sa splendeur retrouvée. La suite du chantier est prévue début mai, poursuivant cette patiente renaissance d’un trésor méconnu du patrimoine de notre belle commune.
Sous la lumière douce filtrant les vitraux de l’église, le regard du visiteur pourra bientôt se poser à nouveau sur le retable de la Nativité avec l’émotion d’une rencontre authentique.


