{"id":100,"date":"2014-10-11T17:21:30","date_gmt":"2014-10-11T16:21:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.bernay-en-champagne.fr\/?page_id=100"},"modified":"2020-12-07T20:50:02","modified_gmt":"2020-12-07T19:50:02","slug":"le-patrimoine-communal","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/bernayneuvy.fr\/?page_id=100","title":{"rendered":"Le Patrimoine Class\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<h5><span style=\"color: #ff6600;\"><strong>I- L\u2019\u00c9GLISE ET LES&nbsp;<\/strong><b>CIMETI\u00c8RES<\/b><\/span><\/h5>\n<h6><span style=\"color: #ff6600;\">A- L&rsquo;EGLISE<\/span><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">A quelle \u00e9poque remonte la construction de l\u2019\u00e9glise actuelle&nbsp;?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le tirant, qui existait au chevet de l\u2019\u00e9glise, et a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9 lors de la d\u00e9molition de la fl\u00e8che sur le ch\u0153ur en 1889, portait l\u2019inscription de l\u2019ann\u00e9e 1567. Dans l\u2019ancien grand vitrail du transept nord \u00e9tait en- chass\u00e9 un cartouche ainsi con\u00e7u&nbsp;: \u00ab&nbsp;Discret ma\u00eetre Pierre Tessier, pr\u00eatre natif de cette paroisse a donn\u00e9 cette vitre l\u2019an 1581. Orare pro eo&nbsp;\u00bb. Au-dessus de la grande porte, ainsi que sur un carr\u00e9 d\u2019enduit ext\u00e9rieur en face de l\u2019autel de la Vierge, figure la date de 1766. Sur le tirant de l\u2019arcade triomphale on lit&nbsp;: NORCS 1792.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La nef a \u00e9t\u00e9 refaite par pied, dit Le Paige, en 1766. Les comptes de la fabrique comportent \u00e0 cette \u00e9poque l\u2019achat de bois, 431 livres, pour r\u00e9fection de lambris. Quant au ch\u0153ur il peut remonter \u00e0 200 ans plus t\u00f4t, comme l\u2019indiquent les inscriptions ci-dessus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux autels lat\u00e9raux de style ionien sont du XVIIe si\u00e8cle&nbsp;; dans le fronton de l\u2019autel de N.-D. du Mont-carmel, une remarquable statue en terre cuite de la Vierge, tenant sur le bras l\u2019Enfant-j\u00e9sus qui b\u00e9nit. Au-dessus de l\u2019autel de St S\u00e9bastien, un curieux bas relief en pierre, provenant d\u2019un ancien r\u00e9tablie, du commencement du XVIe si\u00e8cle, repr\u00e9sente trois sc\u00e8nes diff\u00e9rentes&nbsp;: au centre, le Christ, couronn\u00e9 d\u2019\u00e9pines, expire suspendu par trois clous \u00e0 la croix, au pied de laquelle sont la Vierge, une Sainte femme et St Jean&nbsp;; \u00e0 droite Notre-seigneur drap\u00e9 dans un long manteau sort du s\u00e9pulcre, pr\u00e8s duquel quatre gardes, habill\u00e9s en chevaliers du temps, morion en t\u00eate, bouclier au bras, dont deux dorment et deux saisissent leurs armes&nbsp;; \u00e0 gauche J\u00e9sus-Christ, descend aux enfers pour en retirer les \u00e2mes justes, il tend la main \u00e0 un homme nu \u00e0 grande barbe et \u00e0 une femme, pour les arracher \u00e0 la gueule, d\u00e9mesur\u00e9ment ouverte, d\u2019un monstre qui repr\u00e9sente l\u2019enfer, d\u2019autres petites \u00e2mes apparaissent au fond de la gueule. Sur cette importante pi\u00e8ce de sculpture repose une statue de Ste Barbe, au pied d\u2019une tour, \u0153uvre de la m\u00eame \u00e9poque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans une niche ext\u00e9rieure du mur de la nef, sous le clocher, est une Vierge en pierre, debout, aux longs cheveux, portant l\u2019Enfant-j\u00e9sus. On l\u2019attribue au XIVe si\u00e8cle, ainsi que les fonts baptismaux, octogones, adroitement taill\u00e9s dans un gros bloc de pierre, avec sur chaque face des lancettes ogivales, qui reposent sous la Vierge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1779, le cur\u00e9 et les habitants de Bernay demand\u00e8rent au prieur de la Couture du Mans en sa qualit\u00e9 de gros d\u00e9cimateur, l\u2019autorisation d\u2019\u00e9lever un nouveau ma\u00eetre autel, \u00e0 la place de l\u2019ancien qui tombait en ruine, et de l\u2019adosser au pignon du ch\u0153ur. La permission fut accord\u00e9e le 17 mars 1780&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<a href=\"http:\/\/bernayvillage.pagesperso-orange.fr\/associations.htm\">associations<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le cur\u00e9, Andr\u00e9 Launay, avait d\u00e9j\u00e0 fait march\u00e9, pour la construction du r\u00e9tablie, avec Ren\u00e9 Anuche, sculpteur en marbre, de Sabl\u00e9, qui devait, moyennant 900 livres, fournir un autel&nbsp;: \u00ab&nbsp;dont le corps en marbre noir bien vein\u00e9, le dessus jusque sous l\u2019appui en marbre d\u2019Asni\u00e8res, son socle pareillement&nbsp;; son support ou console de cinq pouces de largeur, ainsi que son couronnement en marbre blanc, le dit autel aura sept pieds six pouces de longueur sur trois pieds trois pouces de hauteur, pour ornement une guirlande, les rubans en marbres blanc, le Saint-esprit \u00e0 demi vol, aussi en marbre blanc, quatre colonnes en marbre noir, du plus vein\u00e9, de chacune sept pieds dix pouces de hauteur, deux plaques pour les corps des pieds d\u2019estaux, de un pied et demi de large sur deux de hauteur, deux tables en marbre d\u2019Asni\u00e8res, de trois pieds de long sur un pied huit pouces de large.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; VUE DU BOURG ET DU VIEUX CLOCHER<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00e9glise avant 1918&nbsp; sans son&nbsp; clocher<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; CONSTRUCTION DU CLOCHER&nbsp; DE 1914- 1918<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<p style=\"text-align: justify;\">Le tabernacle aura deux pieds huit pouces en bas, c\u2019est-\u00e0-dire au socle, pour ornement le principal corps en marbre noir, le milieu en rond de marbre, les fonds ayant m\u00eame uniforme de deux pieds et demi d\u2019ovale sur deux pieds neuf pouces de haut, y compris les pieds&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La partie architecturale, en pierre, est de Jean Pancher, ma\u00e7on \u00e0 Tennie, qui d\u2019engage pour 300 livres \u00e0 d\u00e9molir l\u2019ancien r\u00e9tablie, \u00e0 creuser et asseoir&nbsp;: \u00ab&nbsp;les fondations du nouveau en moellon ainsi que l\u2019emmarchement de l\u2019autel, la taille et pose de tout le soubassement, jusque sous les bases des colonnes en pierre de Bernay, et la taille et pose, en pierre de Bourr\u00e9, de tout le corps de l\u2019autel&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le r\u00e9tablie est orn\u00e9 de deux statues en terre cuite de St Pierre et St Paul, patrons de la paroisse, et d\u2019un tableau repr\u00e9sentant St Pierre aux Liens, donn\u00e9 par le cur\u00e9 Launay, \u00e0 qui il aurait co\u00fbt\u00e9 plus de 1 800 livres, sans compter l\u2019achat du cadre. Les dorures furent \u00e9galement ex\u00e9cut\u00e9es \u00e0 ses frais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur l\u2019ancien lambris du ch\u0153ur existaient quelques peintures d\u00e9coratives&nbsp;: les symboles des quatre \u00c9vang\u00e9listes, les armoiries des familles du Bouchet de Sourches, du Bouchet de Mondragon, de Broc, Th\u00e9baudin de Bordign\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A droite de la grande porte, engrav\u00e9e dans le mur, est une croix de pierre sur laquelle on lit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cy gist le corps de v\u00e9n\u00e9rable et discret Mre R. P. Gaugain, cur\u00e9 de cette paroisse, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le 31 mai 1777. Priez Dieu pour lui&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En face de l\u2019\u00e9glise reste une croix en pierre de l\u2019ancien cimeti\u00e8re, datant du XVIe si\u00e8cle, avec, sur sa base, une t\u00eate de mort, une chouette, et en t\u00eate, une paire de ciseaux grav\u00e9s en creux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 13 f\u00e9vrier 1791, la municipalit\u00e9 vote des r\u00e9parations n\u00e9cessaires aux ch\u0153ur et chancel de l\u2019\u00e9glise. Il s\u2019agit de redresser la masse du ma\u00eetre autel qui n\u2019\u00e9tait pas de niveau et trop avanc\u00e9 dans le ch\u0153ur, de faire l\u2019emmarchement en pierre de taille, paver le sanctuaire, la sacristie, le ch\u0153ur. Ces travaux sont adjug\u00e9s \u00e0 Brice Launay, fr\u00e8re du cur\u00e9, en concurrence avec Joseph Pancher et Pierre Gilbert. La r\u00e9fection des stalles du ch\u0153ur est \u00e9galement d\u00e9cid\u00e9e, et ex\u00e9cut\u00e9e en 1792.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il existait un Christ entre les stalles du cur\u00e9 et du vicaire, mais ce Christ ayant \u00e9t\u00e9 bris\u00e9, la municipalit\u00e9 prit, sur le rapport de Ren\u00e9 Jardin, le 2 f\u00e9vrier 1792, la d\u00e9cision de le remplacer, et obtint des administrateurs du district, qui disposaient d\u2019objets religieux provenant d\u2019\u00e9difices d\u00e9saffect\u00e9s, le Christ en bois peint, actuellement fix\u00e9 au tirant de l\u2019arc triomphal&nbsp;; ce Christ proviendrait d\u2019une \u00e9glise ou chapelle des environs de Sill\u00e9, on a cit\u00e9 Pez\u00e9-le-Robert ou plus vraisemblablement l\u2019abbaye de Champagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y avait aussi une table de communion en fer forg\u00e9, qui disparut \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, et fut remplac\u00e9e par celle en bois actuelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au cours du XVIIIE si\u00e8cle, les cloches ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9es plusieurs fois, par les fondeurs&nbsp;: Beaudouin, en 1717, Rigueur en 1720, Marquis en 1776, cette derni\u00e8re pesait 258 livres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 29 octobre 1820, le baron de Bordign\u00e9 fait donation, devant ma\u00eetre Lefeuvre, notaire, de l\u2019\u00e9glise \u00e0 la commune de Bernay, aux conditions suivantes&nbsp;: \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9glise, estim\u00e9e 600 fr., devra toujours servir \u00e0 l\u2019exercice du culte, sous peine de r\u00e9vocation de la donation&nbsp;; r\u00e9serve \u00e0 titre gratuit du banc que le donateur occupe, le premier en face de la chaire, du deuxi\u00e8me banc derri\u00e8re, pour ses domestiques, d\u2019une stalle \u00e0 son choix dans le ch\u0153ur&nbsp;; annuellement une messe chant\u00e9e le 7 janvier ou le lendemain pour sa famille&nbsp;; une autre, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de matines, le 13 f\u00e9vrier ou le lendemain pour le repos de l\u2019\u00e2me de Mgr le duc de Berry, et chants des litanies de la Ste Vierge, \u00e0 ses principales f\u00eates, pour la famille de Bordign\u00e9<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 25 avril 1841, la fabrique ordonne l\u2019ach\u00e8vement de la contre table du grand autel. Les peintures, par Legendre, co\u00fbtent 760 fr. En 1845, fut d\u00e9moli le balai, ou abri, qui existait devant la grande porte, les mat\u00e9riaux servirent \u00e0 construire une buanderie au presbyt\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 9 octobre 1859, la commune envisage la construction d\u2019un beffroi neuf. Le vendredi saint pr\u00e9c\u00e9dent, pendant l\u2019office des t\u00e9n\u00e8bres, la foudre \u00e9tait tomb\u00e9e sur le clocher, un globe de feu descendant de la vo\u00fbte au milieu du ch\u0153ur, au-dessus de la t\u00eate du pr\u00eatre et des chantres, avait roul\u00e9 le long de la nef et disparu sous la grande porte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la suite de cet accident, le clocher avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9par\u00e9 et muni d\u2019un paratonnerre&nbsp;; le 11 septembre avait eu lieu le bapt\u00eame solennel des cloches actuelles, fondues par MM. Boll\u00e9e, p\u00e8re et fils. La grosse cloche donne le la b\u00e9mol, elle porte l\u2019inscription suivante&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je suis Marie Marguerite Louise, nomm\u00e9e par Louis, vicomte de Fay de Danisy, et par Mlle Marie Marguerite Louise Baronne de Bordign\u00e9, repr\u00e9sent\u00e9e par M. Cl\u00e9ment Vincent Landrin, avocat, notaire \u00e0 la F\u00e8re. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 b\u00e9nite par M. Andr\u00e9-Louis Besnier, cur\u00e9 de Bernay&nbsp;\u00bb. La petite cloche donne le si b\u00e9mol. L\u2019inscription porte&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je suis Armandine, ainsi nomm\u00e9e par le conseil de fabrique, en m\u00e9moire de M. Armand, baron de Bordign\u00e9, bienfaiteur de la paroisse. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 b\u00e9nite par M. Andr\u00e9 Besnier, cur\u00e9 de Bernay&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 25 juillet 1875, le conseil de fabrique envisage divers projets&nbsp;: la construction d\u2019une tour avec fl\u00e8che du m\u00eame type que celle existant, dans le prolongement de la nef, la r\u00e9fection des lambris du ch\u0153ur et chapelles, la construction d\u2019une sacristie dans l\u2019angle nord, l\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment o\u00f9 est la nouvelle sacristie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est le 7 octobre 1887 que fut d\u00e9cid\u00e9e, sur l\u2019avis de M. V\u00e9rit\u00e9, architecte, la d\u00e9molition du clocher, qui penche de plus en plus et constitue un danger. Les travaux sont pris par M. Renaud, entrepreneur au Mans, et rapidement ex\u00e9cut\u00e9s. La gracieuse fl\u00e8che, qui avait fait l\u2019admiration de tant de g\u00e9n\u00e9rations, a disparu&nbsp;; l\u2019\u00e9glise est recouverte, les lambris des vo\u00fbtes refaits, les cloches suspendues dans un beffroi provisoire, devant la grande porte&nbsp;; mais l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u00e9difice est dans un \u00e9tat de d\u00e9labrement lamentable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M. le comte de Ruill\u00e9, maire, voulant que l\u2019\u00e9glise soit propre et d\u00e9cente, me charge de faire ex\u00e9cuter \u00e0 ses frais les travaux n\u00e9cessaires. Avec le concours de Louis Davoust, ma\u00eetre ma\u00e7on \u00e0 Bernay, les enduits sont refaits le ch\u0153ur entre les stalles pav\u00e9, le retable du ma\u00eetre autel consolid\u00e9 par des scellements reliant la corniche sup\u00e9rieure au pignon ; les retables des autels lat\u00e9raux, la statue de Ste Barbe sont gratt\u00e9s, nettoy\u00e9s, d\u00e9barrass\u00e9s d\u2019une couche \u00e9paisse de blanc de chaux qui les recouvrait, ainsi que le lambris de la nef, qui est pass\u00e9 \u00e0 l\u2019huile. Des moulures sont pos\u00e9es, pour dissimuler les d\u00e9fauts de la retomb\u00e9e des vo\u00fbtes sur les murs. Une massive \u00e9chelle de bois, pr\u00e8s de la petite porte, montait \u00e0 la vo\u00fbte pour desservir une horloge, qui existait autrefois, avec son cadran au pignon du transept sud, et de lourds poids en pierre, qui pendaient sur la t\u00eate des fid\u00e8les dans la chapelle St-S\u00e9bastien&nbsp;; cette \u00e9chelle est remplac\u00e9e par les quelques gradins de fer actuels permettant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la vo\u00fbte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces travaux ont mont\u00e9&nbsp;: pour la commune et la fabrique \u00e0 6 320 de.fr., pour M. le comte de Ruill\u00e9 \u00e0 1 950 fr.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1912, M. le chanoine Cosson, attach\u00e9 par son minist\u00e8re au dioc\u00e8se de Paris, mais par ses origines \u00e0 la paroisse de Bernay, entreprend la restauration de la chapelle St-S\u00e9bastien. Un autel de style Louis XVI remplace l\u2019ancien&nbsp;; dans le retable un haut-relief, ne valant pas moins de 3 500 fr., prend la place d\u2019un tableau acquis autrefois par M. le cur\u00e9 Montagne pour 225 fr. Le dallage est refait, une grille en fer forg\u00e9 entoure l\u2019autel, des bancs meublent la chapelle, la d\u00e9pense s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 6 000 fr.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une affiche avait \u00e9t\u00e9 placard\u00e9e, offrant 20 000 fr., \u00e0 qui retrouverait le tableau de St-S\u00e9bastien, soit disant disparu. Un grave fonctionnaire fut exp\u00e9di\u00e9 \u00e0 Bernay, pour enqu\u00eater \u00e0 ce sujet. Le tableau \u00e9tait au presbyt\u00e8re, en attendant de pouvoir \u00eatre replac\u00e9 dans l\u2019\u00e9glise. Les rieurs ne furent pas du c\u00f4t\u00e9 du grotesque d\u00e9nonciateur ni de la na\u00efve administration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1913 c\u2019est la sacristie qui sollicite l\u2019attention de M. le chanoine Cosson, et quand elle est construite il la dote de beaux et vastes meubles. Il fait \u00e9galement restaurer le tabernacle du ma\u00eetre autel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais l\u2019\u00e9glise est toujours sans clocher. M. l\u2019abb\u00e9 Cormier, alors cur\u00e9 de Bernay, prend, avec l\u2019appui de M. Cosson, l\u2019initiative d\u2019une souscription publique. Approuv\u00e9e par le conseil paroissial, elle est ouverte le 14 septembre. Un livre d\u2019or conservera les noms des donateurs. Mais il ne se trouve dans la r\u00e9gion aucun entrepreneur pour prendre le travail. C\u2019est \u00e0 Paris que M. Cosson rencontre l\u2019homme qui, malgr\u00e9 ses nombreuses et importantes entreprises, consentira \u00e0 se charger de notre clocher.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des difficult\u00e9s d\u2019ordre administratif surgissent. M. Cosson s\u2019engage \u00e0 couvrir les risques de la construction&nbsp;; l\u2019entrepreneur, M. Gustin Goichot, met en \u0153uvre sur les plans de M. Charrri\u00e9, architecte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">H\u00e9las nous sommes en 1914&nbsp;! La guerre \u00e9clate alors que les fondations sortent \u00e0 peine de terre. Cependant les travaux interrompus reprennent en 1915, et le mardi 20 juillet a lieu solennellement la pose de la premi\u00e8re pierre, en pr\u00e9sence de&nbsp;: M. le comte de Ruill\u00e9, maire, Mme la comtesse de Ruill\u00e9, M. le chanoine Cosson, Mme Minier, M. Olivier, notaire, M. l\u2019abb\u00e9 Coutelle, cur\u00e9 de Ruill\u00e9, M. le docteur comte de Trolong du Rumain, M. l\u2019abb\u00e9 Bourdin, cur\u00e9 de Neuvy, M. l\u2019abb\u00e9 Galloyer, cur\u00e9 de St Symphorien, et une nombreuse assistance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un proc\u00e8s verbal est scell\u00e9 dans la pierre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De nouveau les travaux sont interrompus par la carence du tailleur de pierre. M. Goichot, ob\u00e9issant \u00e0 la g\u00e9n\u00e9reuse pens\u00e9e d\u2019\u00e9lever, quoiqu\u2019il puisse lui co\u00fbter, notre clocher, au moment m\u00eame o\u00f9 tant d\u2019autres tombent en France, envoie, de Paris, une \u00e9quipe de tailleurs de pierre. Les travaux reprennent, la tour, en marbre du Rocher de Ruill\u00e9, est, sous l\u2019active direction du contrema\u00eetre Touny, achev\u00e9e le 15 avril 1916. Un mois apr\u00e8s, les cimentiers de la maison Dumesnil de Paris commencent la fl\u00e8che, qui est termin\u00e9e le 25 ao\u00fbt&nbsp;: la galerie couverte et la tribune sont \u00e9difi\u00e9es en m\u00eame temps, par les m\u00eames entrepreneurs. Le montant de ces travaux s\u2019est \u00e9lev\u00e9 \u00e0 62 915 fr.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 8 septembre M. Boll\u00e9e monte les cloches dans le beffroi qu\u2019il leur a pr\u00e9par\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 29 avril 1917 le conseil paroissial offre en remerciement, \u00e0 M. le chanoine Cosson, la gratuit\u00e9 d\u2019un banc dans la chapelle St-S\u00e9bastien. L\u2019horloge, qui a sonn\u00e9 sa premi\u00e8re heure le 25 juin 1917, est due aussi \u00e0 l\u2019initiative de M. cosson, second\u00e9 par quelques autres donateurs. Elle a co\u00fbt\u00e9 2 900 fr.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 17 ao\u00fbt 1919 a lieu, en une belle f\u00eate, la b\u00e9n\u00e9diction du clocher par Mgr Grente, \u00e9v\u00eaque du Mans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les beaux vitraux, qui ont remplac\u00e9 les anciennes verri\u00e8res blanches, sont une imitation d\u2019\u0153uvres du XIIIe si\u00e8cle. Ils ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s par M. Cosson, pos\u00e9s en f\u00e9vrier 1925, et b\u00e9nis, le 16 ao\u00fbt suivant, par Mgr Grente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le dallage de la chapelle de la Vierge, r\u00e9cemment refait, a remplac\u00e9 de larges pierres, dont une importante dalle tombale, sur laquelle existaient encore quelques traces illisibles d\u2019inscription.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De nombreuses inhumations ont eu lieu autrefois dans l\u2019\u00e9glise de Bernay, pas moins de quatre-vingt entre 1690 et 1780, inhumations de pr\u00eatres et de notables habitants, et m\u00eame de deux tout jeunes enfants de la maison de Bordign\u00e9&nbsp;: le 18 ao\u00fbt 1719, Marie Ren\u00e9e Fran\u00e7oise, b\u00e9b\u00e9 de cinq jours, le 8 septembre 1773, Marie-Fran\u00e7oise Julie, \u00e2g\u00e9e de deux mois.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff6600;\">B- LES CIMETIERES<\/span><\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le petit cimeti\u00e8re entourant l\u2019\u00e9glise a du s\u2019\u00e9tendre, dans les temps recul\u00e9s, jusque dans l\u2019emplacement o\u00f9 fut construite l\u2019auberge de la T\u00eate Noire&nbsp;; on y a en effet d\u00e9couvert des ossements. Au cours des travaux de construction du clocher et de la nouvelle sacristie, on a trouv\u00e9 de nombreux squelettes, si proches lus uns des autres que les tombes devaient se toucher, et ensevelis \u00e0 une faible profondeur. La derni\u00e8re inhumation qui fut faite dans le petit cimeti\u00e8re, para\u00eet \u00eatre celle de Fran\u00e7ois Leturmy, le 1<sup>er<\/sup>&nbsp;septembre 1779. Depuis quelques ann\u00e9es le nombre augmentait des inhumations dans le grand cimeti\u00e8re jusque-l\u00e0 rarement utilis\u00e9, bien que cr\u00e9\u00e9 vraisemblablement \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la construction de la chapelle Ste-Anne.<\/p>\n<p>La croix centrale du cimeti\u00e8re est en pierre de Bernay. Le pied est long, taill\u00e9 \u00e0 8 pans, la t\u00eate et les bras orn\u00e9s de palmes avec l\u2019inscription \u00ab&nbsp; O Crux Ave&nbsp;\u00bb&nbsp;; cette croix repose sur un socle en pierre, d\u2019un seul bloc grossi\u00e8rement taill\u00e9. Elle doit remonter \u00e0 l\u2019\u00e2ge de la chapelle.<\/p>\n<p>Nos p\u00e8res d\u00e9signaient ces croix de cimeti\u00e8re sous le nom de&nbsp;: Croix Boiss\u00e9es. L\u2019origine en est de&nbsp;: \u00ab&nbsp;cruce buxata&nbsp;\u00bb croix orn\u00e9e de buis. Dans l\u2019ouest de la France l\u2019usage est d\u2019orner les croix avec des guirlandes de buis le jour des Rameaux. On dit dans la Manekine de Beaumanoir \u00ab&nbsp;Droit le jour de Pasques fleuries, qu\u2019en mains lieus sont les croix boissies&nbsp;\u00bb. Des noms comme Bo\u00ebss\u00e9-le-Sec, Bouessay (Mayenne), viennent de \u00ab&nbsp;Buxetum ou Buxatum&nbsp;\u00bb, lieu o\u00f9 se trouvent des buis. On trouve \u00e9crit d\u00e8s l\u2019an 1010 \u00ab&nbsp;Pars Buxedi&nbsp;\u00bb, au XIe si\u00e8cle&nbsp;: \u00ab&nbsp;de Buxiaco&nbsp;\u00bb, en 1297, \u00ab&nbsp;de Boisseio&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p>Les monuments aux morts de la grande guerre, tant \u00e0 l\u2019\u00e9glise que dans le cimeti\u00e8re, ont \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9s en 1919 par souscription publique.<\/p>\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff6600;\">II- LA CHAPELLE St ANNE<\/span><\/h5>\n<p style=\"text-align: justify;\">La chapelle Ste-Anne a \u00e9t\u00e9 construite, disent des historiens, par un cur\u00e9, Broustin, en 1511. L\u2019unique tirant actuel porte une inscription qui para\u00eet bien \u00eatre 1552. Avant la r\u00e9volution on y disait une messe par semaine, entre P\u00e2ques et la Toussaint. Au cours des si\u00e8cles la chapelle a du \u00eatre remani\u00e9e, peut-\u00eatre r\u00e9duite en longueur. Il y avait trois tirants, un seul reste. Elle contient un autel constitu\u00e9 d\u2019une belle dalle de pierre d\u2019un seul bloc, sur massif en ma\u00e7onnerie. Trois pierres tombales portent les inscriptions suivantes&nbsp;:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab&nbsp;Ci-gist le corps de d\u00e9funct Jean Liberge, lequel d\u00e9c\u00e9da la nuit de No\u00ebl de l\u2019an 1646, ensemble le corps de d\u00e9functe Anne Liberge \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab&nbsp;Ici repose le corps de M. F. M. Lefort, Cur\u00e9 de Bernay, fils de L. Lefort et de Y. Moisson, natif d\u2019Ern\u00e9e, le 26 f\u00e9vrier 1758, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 30 avril 1824&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab&nbsp;Ci-G\u00eet le corps de v\u00e9n\u00e9rable Mre Julien Bruneau, cur\u00e9 de cette paroisse, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 9 mai 1817 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de soixante-quatorze ans&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qui \u00e9taient ces Jean et Anne Liberge, cette derni\u00e8re enterr\u00e9e avant Jean, le 28 mai 1641&nbsp;? Sans doute les membres d\u2019une famille notable du pays. Dans les premi\u00e8res ann\u00e9es du XVIIe si\u00e8cle, on voit plusieurs fois des Liberge parrains et marraines, notamment dans des bapt\u00eames d\u2019enfants jumeaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">chapelle sainte Anne<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">chapelle Ste Anne 2001<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">CLIQUER POUR&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; AGRANDIR<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Faut-il voir en eux les ascendants d\u2019une famille Liberge, tr\u00e8s connue au Mans au XVIIIE si\u00e8cle&nbsp;? Une Anne Li berge, fille d\u2019un Jean Liberge, sieur des Ferronni\u00e8res, avocat au parlement, \u00e9pousait le 15 novembre 1719 Nicolas Trott\u00e9, avocat&nbsp;; toujours m\u00eames pr\u00e9noms.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autres inhumations ont eu lieu dans cette chapelle sans inscriptions qui les r\u00e9v\u00e8lent. Sur la cloche du campanile est \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Niepcron, procureur de l\u2019\u00e9glise de Bernay 1657&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au-dessus de la porte figure la date de 1824, indiquant peut-\u00eatre la derni\u00e8re restauration faite. Le 24 octobre 1830 la municipalit\u00e9 d\u00e9cr\u00e9tait l\u2019abat de deux marronniers nuisant \u00e0 la conservation de l\u2019\u00e9difice. On y c\u00e9l\u00e9brait encore la messe vers 1850, \u00e0 certains jours de l\u2019ann\u00e9e, et on y allait en procession.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour tout mobilier et ornement il reste dans cette chapelle quelques statues et fragments de pierres sculpt\u00e9es&nbsp;: une statue de Saint Jean-Baptiste tenant sur son bras pli\u00e9 un petit agneau bris\u00e9, statue en pierre qui peut \u00eatre du seixi\u00e8me si\u00e8cle ou m\u00eame ant\u00e9rieure&nbsp;; un groupe en terre cuite de Sainte Anne et la Vierge, datant vraisemblablement du XVIe ou XVIIe si\u00e8cle, cette \u0153uvre a \u00e9t\u00e9 r\u00e9par\u00e9e, la t\u00eate de Sainte Anne et de la Vierge sont aujourd\u2019hui en pl\u00e2tre&nbsp;; une autre belle statue en pierre d\u2019un \u00e9v\u00eaque mitr\u00e9, pouvant dater du XVIIe ou XVIIIE si\u00e8cle&nbsp;; une curieuse pierre, des m\u00eames \u00e9poques, tr\u00e8s rustiquement taill\u00e9e en forme de niche, et abritant le demi-corps de Sainte-Appolline, dont le nom figure en bas&nbsp;; enfin une t\u00eate mitr\u00e9e, en pierre, d\u2019\u00e9v\u00eaque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff6600;\">III- LE LAVOIR<\/span><\/h5>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<h5 style=\"text-align: justify;\"><span><strong><span style=\"color: #ff6600;\">IV- LES&nbsp;CARRI\u00c8RES&nbsp;DE BERNAY<\/span><\/strong><\/span><\/h5>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une gracieuse l\u00e9gende raconte que St Julien, premier \u00e9v\u00eaque du Mans, faisant transporter de la pierre, sans doute pour la construction de la premi\u00e8re cath\u00e9drale, les lourds chariots, attel\u00e9s de b\u0153ufs, roulaient p\u00e9niblement par les chemins d\u00e9fonc\u00e9s. Ils passaient en un lieu o\u00f9 de nombreux rossignols chantaient, comme aujourd&rsquo;hui&nbsp;: \u00ab&nbsp;su su su tui tui tui tui&nbsp;\u00bb. Entendant \u00ab&nbsp; su su&nbsp;\u00bb les b\u0153ufs s\u2019arr\u00eat\u00e8rent, et pour repartir, il fallait de tels efforts, qu\u2019un jour le pied d\u2019un b\u0153uf s\u2019incrusta dans une grosse pierre, qu\u2019on voit encore \u00ab&nbsp; Au Pas&nbsp;\u00bb \u00e0 St-Julien-en-Champagne. Alors St Julien dit aux rossignols&nbsp;: \u00ab&nbsp;Puisque vous arr\u00eatez ainsi mes b\u0153ufs, vous ne chanterez plus que la nuit&nbsp;\u00bb&nbsp;; et depuis ce jour les rossignols attendent la nuit pour chanter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il reste de cette l\u00e9gende que d\u00e9j\u00e0, peut-\u00eatre, la pierre de Bernay \u00e9tait exploit\u00e9e et charroy\u00e9e pour les constructions de la ville.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nos derniers carriers d\u00e9signaient ainsi les divers bancs de pierre, superpos\u00e9s dans leurs carri\u00e8res&nbsp;: sous une couche argileuse, variant de 2 \u00e0 7 m\u00e8tres d\u2019\u00e9paisseur, premier banc roux d\u2019environ 22 centim\u00e8tres&nbsp;; une couche d\u2019argile de 30 cm., deuxi\u00e8me banc roux de 50 \u00e0 60 cm.&nbsp;; troisi\u00e8me banc roux de 1 m.&nbsp;; quatri\u00e8me banc blanc de 35 \u00e0 40 cm., se d\u00e9lattant au choc, et donnant le banc d\u00e9lit de 15 cm., et le banc cro\u00fbte de 20 \u00e0 25 cm.&nbsp;; cinqui\u00e8me banc blanc, dit banc dur de 30 cm.&nbsp;; sixi\u00e8me banc blanc, dit gros banc de 75 \u00e0 80 cm., contenant des fossiles&nbsp;; enfin le banc, dit cosaque, parce qu\u2019impossible \u00e0 travailler, de nombreux noyaux tr\u00e8s durs \u00e9moussant les outils. L\u2019assise de ces bancs est horizontale et r\u00e9guli\u00e8re d\u2019\u00e9paisseur, calcaire oolithique de formation s\u00e9dimentaire stratifi\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au contraire le gr\u00e8s des Bourrelleries est en couches irr\u00e9guli\u00e8res, inclin\u00e9es nord-est sud-est, m\u00e9lang\u00e9es au sol, indiquant une origine \u00e9ruptive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une excavation, dans le champ de la Croix de la ferme des Iles, est la derni\u00e8re tentative d\u2019ouverture d\u2019une carri\u00e8re, faite lors de la construction de la gare du Mans, puis aussit\u00f4t abandonn\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pierre de Bernay fut utilis\u00e9e dans de nombreuses et importantes constructions, parmi lesquelles on peut citer&nbsp;: au moyen \u00e2ge, XIe si\u00e8cle, les \u00e9glises de Neuvy, de N.-D. du Pr\u00e9&nbsp;; au XIIe et XIIIe si\u00e8cles, la nef de l\u2019\u00e9glise de N.-D. de la Couture, le ch\u0153ur, les transepts de l\u2019\u00e9glise cath\u00e9drale, l\u2019abbaye de l\u2019Epau&nbsp;; au XVe si\u00e8cle les escaliers en vis des vieux logis de la Renaissance, les chemin\u00e9es de la maison dite de la reine B\u00e9reng\u00e8re et au XVIe si\u00e8cle la maison dite d\u2019Adam et Eve sises Grande-Rue, au Mans&nbsp;; \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque l\u2019\u00e9glise de Ste-Suzanne&nbsp;; au XVIIe si\u00e8cle la salle des piliers de l\u2019abbaye de St-Vincent du Mans&nbsp;; au XVIIIe si\u00e8cle, le ch\u00e2teau de Sourches.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019apr\u00e8s Le Paige, il y avait avant la r\u00e9volution \u00e0 Bernay&nbsp;: \u00ab&nbsp;deux fameuses carri\u00e8res de pierre de taille, l\u2019une appartenant \u00e0 M. le marquis de Sourches, l\u2019autre \u00e0 M. Th\u00e9baudin de Bordign\u00e9&nbsp;\u00bb. La premi\u00e8re n\u2019est, dit-il, exploit\u00e9e aujourd\u2019hui (1777) que pour la b\u00e2tisse du ch\u00e2teau de Sourches, \u00e0 laquelle on travaille depuis plusieurs ann\u00e9es, la seconde est afferm\u00e9e&nbsp;; les pereyeurs y travaillent l\u2019hiver et le printemps, les pierres qu\u2019on en tire se voiturent surtout au Mans. Il y a quelques bois-taillis, dont le plus consid\u00e9rable est celui de Bordign\u00e9, qui contient 10 journaux, c\u2019est dans ce taillis qu\u2019est la carri\u00e8re de Bordign\u00e9, dont on vient de parler. A c\u00f4t\u00e9 de ce taillis il y a plus de 30 journaux de terres incultes, qu\u2019on nomme les caves, dont on a tir\u00e9 anciennement des quantit\u00e9s immenses de pierre de taille&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s la guerre de 1870, les beaux immeubles du boulevard N\u00e9grier, au Mans, le clocher de l\u2019\u00e9glise du Pr\u00e9 (1878-1885) furent \u00e9difi\u00e9s en pierre de Bernay. Enfin le clocher de Bernay, r\u00e9cemment construit, \u00e9tait pr\u00e9vu en pierre de nos carri\u00e8res. C\u2019est, sur le refus de l\u2019exploitant, qu\u2019il fallut recourir \u00e0 d\u2019autres mat\u00e9riaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y eut \u00e0 une certaine \u00e9poque, para\u00eet-il, jusqu\u2019\u00e0 sept carri\u00e8res en activit\u00e9 \u00e0 Bernay.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques noms de \u00ab&nbsp;pereyeurs&nbsp;\u00bb et tailleurs de pierre nous sont parvenus. En 1462&nbsp;: Guillaume Mahot \u00ab&nbsp;maczon&nbsp;\u00bb \u00e0 Bernay&nbsp;; dans le courant du XVIIIe si\u00e8cle&nbsp;: Jacques Bouvet, Jacques Hubert, Luc Bouvet, Claude Hubert, Pierre Brossard, Pierre Tricot, Louis Gasni\u00e9, de St Symphorien, Pierre Mazettier dit la Rose, venu du Limousin, appareilleur au ch\u00e2teau de Sourches, Fran\u00e7ois Marget, Jean Pancher, de Tennie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1842, un habile tailleur de pierre et sculpteur, nomm\u00e9 Gilbert, ex\u00e9cutait la d\u00e9coration du pignon sud du ch\u00e2teau de Bordign\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nos derniers ma\u00eetres carriers furent&nbsp;: les fr\u00e8res Delouche, Ren\u00e9 Anjubault, qui r\u00e9ouvrit une carri\u00e8re aux Caves, Julien Clinchant et Louis Clinchant, son fils. Julien Clinchant avait ouvert, vers le milieu du si\u00e8cle dernier, la carri\u00e8re qui existe encore pr\u00e8s du bois de la Fabrique, sur le territoire de Ruill\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La carri\u00e8re, signal\u00e9e par Le Paige dans les taillis de Bordign\u00e9, \u00e9tait desservie par une avenue \u00e0 travers bois tombant perpendiculairement sur le chemin de Bernay \u00e0 St Symphorien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son dernier exploitant fut Gilbert et peut-\u00eatre Delouche p\u00e8re. Les Delouche l\u2019abandonn\u00e8rent vers le milieu du si\u00e8cle dernier, pour ouvrir une autre carri\u00e8re, aujourd\u2019hui \u00e9galement abandonn\u00e9e, dans le bois de la Fabrique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; I- L\u2019\u00c9GLISE ET LES&nbsp;CIMETI\u00c8RES A- L&rsquo;EGLISE A quelle \u00e9poque remonte la construction de l\u2019\u00e9glise actuelle&nbsp;? Le tirant, qui existait au chevet de l\u2019\u00e9glise, et a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9 lors de la d\u00e9molition de la fl\u00e8che sur le ch\u0153ur en 1889, portait l\u2019inscription de l\u2019ann\u00e9e 1567. 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